Winston Churchill – Maîtriser l’imprévisible

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Sale temps pour les prévisionnistes ! Il n’est pas question ici de météorologie, mais bien d’économie. Et cet état de fait met dans l’embarra celles et ceux obligés de bâtir des stratégies. Aussi bien Emmanuel Macron qui aimerait savoir si la croissance sera au rendez-vous en 2019, que le jeune start-uper en train d’élaborer son business plan.

L’avenir est par essence imprévisible ; difficile dans ces conditions d’être sûr de ses hypothèses !

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Qui en effet aurait pu prévoir à l’orée des années 2000 qu’Internet allait dix ans plus tard, entraîner dans le déclin des pans entiers de l’économie traditionnelle qui semblaient pourtant si bien installés ? A-t-on tout autant alerté dans l’année précédant le 11 septembre 2001, les entreprises travaillant avec le Moyen-Orient, des risques de déstabilisation qu’un possible attentat impliquant les Etats-Unis ferait porter à l’ensemble de la région ? Dans le même registre, il y a un peu plus de 10 ans, en 2005-2006, les économistes ont-ils vraiment été unanimes pour nous prévenir de l’imminence d’une crise financière, dont les ravages économiques et sociaux seraient surpassés uniquement par ceux de 1929 ?

Toutes ces ratées de la prospective ont au moins eu le mérite de donner à bien des analystes une bonne leçon d’humilité. L’incertain caractérisant un monde de plus en plus complexe, la planification rigide, la planification à l’ancienne, représente la certitude absolue d’aboutir à l’échec. Le changement de nom du bon vieux Haut Commissariat au Plan, devenu France Stratégie, est à ce sujet fort révélateur. Il vous est impossible de vous transformer en « Madame Irma », rappelait dans la même logique un ami expert-comptable à des créateurs d’entreprises.

Si l’art divinatoire n’a pas de place en économie, faut-il pour autant naviguer à vue ?

A cette interrogation, répondons simplement que la prémonition ne doit pas être confondue avec l’anticipation, cette grande faculté qui fait que certains décideurs prennent une longueur d’avance sur leurs concurrents.

Le vrai stratège est celui qui ose envisager la perspective, que les paradigmes ayant servi de base à l’élaboration de son plan d’action puissent changer. Que la réalité de demain n’épousera pas forcement ses désirs d’hier et d’aujourd’hui. De la sorte, il se prémunira au mieux du risque de devenir un jour la victime collatérale des circonstances.

Mieux encore. Veiller à ne pas se prendre pour un prophète ne doit pas conduire à s’interdire d’avoir quelques intuitions. Elles peuvent parfois s’avérer éclairantes. Car c’est bien le même Winston Churchill qui en 1945, de retour de la conférence de Yalta, expliquait que nul se saurait prévoir si l’Union Soviétique allait respecter ses engagements, avait quinze plus tôt, avant même 1933, alerté l’opinion internationale à propos de la menace guerrière inéluctable, que faisait peser la folie hitlérienne sur le monde entier. On aurait aimé que le sémillant Premier ministre de sa Majesté soit davantage entendu. On lui pardonne du coup toutes ses erreurs stratégiques antérieures ; elles sont légions. Il vaut mieux avoir mille idées de qualité variable, pour en dégager une ou deux qui marqueront leur temps, que pas d’idées du tout.

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